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Explication du projet de loi 96 du Québec et de son incidence sur le site Internet de votre entreprise

Explication du projet de loi 96 du Québec et de son incidence sur le site Internet de votre entreprise
Mis à jour le
8 juillet 2026
16 juillet 2026

Si votre entreprise vend ses produits ou services à des clients au Québec, la réponse courte est généralement « oui ». La loi québécoise sur la langue considère votre site web comme une publication commerciale, et toute publication commerciale destinée au Québec doit être disponible en français. Ce n’est pas une nouveauté, mais cette disposition est désormais appliquée plus strictement qu’auparavant, et l’Office québécois de la langue française a commencé à infliger des amendes aux entreprises dont les pages web sont exclusivement en anglais.

Cette page explique ce qu'exige réellement la loi, à qui elle s'applique, quels ont été les changements récents et comment mettre votre site en conformité sans avoir à le refaire entièrement. Il s'agit d'informations générales destinées à vous aider à comprendre la réglementation, et non de conseils juridiques adaptés à votre situation particulière.

Que prévoit réellement la loi ?

La Charte de la langue française du Québec est la loi en question. L'article 52 s'applique aux publications commerciales « quel que soit le support utilisé », et c'est cette formulation qui fait entrer dans son champ d'application les sites web, les boutiques en ligne et les réseaux sociaux.

Une image représentant un magasin avec une pancarte « Ouvert ». Votre site web est considéré comme une publication commerciale. Si vous vendez au Québec, vous devez respecter certaines règles.

Ainsi, un site web commercial destiné au grand public et consulté par des personnes résidant au Québec est traité comme n'importe quelle autre publication commerciale. Il doit donc être disponible en français.

Qui est tenu de se conformer à cette obligation ?

Le cas de figure évident concerne toute entreprise exerçant ses activités au Québec. Si vous y êtes présent, cette règle s'applique à votre contenu web commercial.

Le cas le moins clair concerne un vendeur situé hors du Québec qui cible des clients québécois en ligne. Des orientations secondaires suggèrent que cette obligation peut s’étendre jusqu’à cette situation (Éducaloi, « Votre site web est-il conforme ? »), et il convient d’aborder ce point avec prudence, car il s’agit d’une hypothèse plutôt que d’une certitude. Si votre entreprise n’a pas d’établissement au Québec mais y réalise des ventes, il vaut mieux consulter rapidement un conseiller juridique plutôt que de se baser sur des suppositions, dans un sens comme dans l’autre.

Qu'est-ce qui doit impérativement être en français ?

Votre contenu web commercial. Ce que l'on oublie souvent, ce sont les exigences auxquelles doit satisfaire la version française. En vertu du Règlement sur la langue du commerce et des affaires, la version française doit être disponible à des conditions au moins aussi favorables que celles offertes pour toute autre langue, ce qui signifie concrètement que le contenu en français doit être aussi complet et aussi facile d'accès que votre contenu en anglais.

une illustration d'une page affichant à la fois « Hello » et « Bonjour ». Le français doit être aussi accessible que l'anglais lorsqu'on publie un site web au Québec

En clair, une page en français qui est plus difficile à trouver, plus courte ou de moins bonne qualité que la version anglaise constitue en soi un problème. La version française ne peut pas être une version de second plan.

Qu'est-ce qui a changé en 2025 ?

Un chiffre a changé, qui est souvent cité, et il convient de préciser ce qu’il implique. Le 1er juin 2025, le seuil à partir duquel l’enregistrement obligatoire auprès de l’OQLF en matière de francisation est devenu obligatoire est passé de 50 à 25 salariés.

Depuis 2025, si vous employez plus de 25 salariés, vous devez vous conformer aux exigences de l'OQLF.

Ce seuil détermine si une entreprise doit s'inscrire à un processus officiel de francisation. Il ne concerne pas la règle relative aux sites web. L'obligation de publier du contenu commercial en français sur un site web s'applique quel que soit le nombre de salariés. Une boutique en ligne de 5 personnes vendant au Québec est concernée au même titre qu'une grande entreprise.

Que se passe-t-il en cas de non-respect ?

L'OQLF veille au respect de la Charte, et les affaires sont portées devant la Cour du Québec. Pour une entreprise, les amendes en cas de première infraction vont de 3 000 à 30 000 dollars canadiens par infraction ; elles sont doublées en cas de récidive et triplées par la suite, chaque jour pouvant être considéré comme une infraction distincte.

L'amende pour non-respect des règles de l'OQLF varie entre 3 000 et 30 000 CAD par infraction.

Ce n'est plus une question purement théorique pour les sites web. Des affaires récentes ont donné lieu à des amendes relativement modestes pour des contenus web commerciaux exclusivement en anglais, de l'ordre de 3 000 dollars chacune, notamment dans les cas d'URBN Canada et de Waterco. Les montants sont modestes, mais la tendance est claire : l'OQLF intervient désormais sur les contenus web, et non plus uniquement sur les enseignes des commerces.

Comment rendre votre site conforme

Une checklist pratique :

  • Répertoriez votre contenu web commercial, c'est-à-dire les pages qui présentent, décrivent, indiquent les prix ou vendent vos produits et services au Québec
  • Rédigez une version française de ce contenu, dans son intégralité, et non un résumé.
  • Veillez à ce que la version française soit aussi facile d'accès que la version anglaise, avec un bouton de changement de langue clair, et à ce que les pages en français soient référencées et se chargent comme le reste du site.
  • Veillez à ce que les éléments essentiels destinés aux clients soient rédigés en français, c'est-à-dire les informations que l'acheteur consulte pour effectuer et finaliser son achat
  • Fixez une date de révision et veillez à ce que le contenu en français reste synchronisé avec celui en anglais au fur et à mesure que vous le mettez à jour

Weglot vous Weglot créer et Weglot gérer la version française de votre site existant, de sorte que le contenu en français figure aux côtés de celui en anglais et soit accessible depuis la même navigation. La traduction est réalisée par IA et reste fidèle au ton de votre marque et au contexte de vos pages. Pour les textes à caractère juridique, prévoyez une étape de révision humaine avant la publication, plutôt que de mettre en ligne une traduction automatique non révisée. Si votre site fonctionne sous WordPress ou sur une plateforme de commerce électronique, Weglot directement ; l’ajout du français ne nécessite donc pas de refonte (pour en savoir plus, consultez notre article sur les meilleurs plugins multilingues pour WordPress).

Vous ne savez pas exactement quelle quantité de contenu vous allez traduire ? L'outil de comptage de mots du site web vous donne une estimation rapide avant de commencer.

Pourquoi ajouter le français canadien même si la loi ne vous concerne pas ?

Peut-être que le projet de loi 96 ne concerne pas votre entreprise. Vous vendez au Canada mais n’avez pas d’établissement au Québec, ou bien vos ventes au Québec sont si modestes que vous vous demandez si cela vaut la peine de vous en préoccuper. La réponse juridique et la réponse commerciale sont deux questions distinctes, et il convient de les distinguer. Même en l’absence de toute obligation, l’ajout du français canadien est souvent une bonne décision en soi.

Le français devrait être proposé sur les sites web destinés au marché québécois, sous la forme d'une version supplémentaire de votre site, et non d'un site distinct.

Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, 82 % des Québécois ont le français comme première langue officielle parlée. Proposer une version française de votre site n'est pas une simple courtoisie : c'est ce qui fait la différence entre être accessible à ce marché et être ignoré. Les gens font plus facilement confiance et achètent plus volontiers dans leur propre langue, et cela vaut qu'il y ait ou non une loi en la matière.

Il y a également un enjeu de visibilité. Une version française de vos pages peut apparaître pour des requêtes de recherche en français pour lesquelles vous n'apparaissez pas aujourd'hui, y compris dans les réponses générées par l'IA lorsque cela est pertinent. Si vos concurrents ne proposent que du contenu en anglais, une présence bien ficelée en français canadien vous permet d'être trouvé là où ils ne le sont pas.

Et cela demande bien moins de travail que ce que l’on pourrait croire. Vous ne gérez pas un site français distinct, mais vous proposez une version française de celui que vous possédez déjà, mise à jour automatiquement au fur et à mesure que vous modifiez l’original ; de nombreuses marques procèdent d’ailleurs déjà exactement ainsi. En réalité, il s’agit donc de deux portes donnant sur la même pièce. Si la loi s’applique à vous, le français représente le coût nécessaire pour vendre au Québec. Si ce n’est pas le cas, le français reste l’un des moyens les moins coûteux d’atteindre un marché tout proche et sous-exploité. Dans les deux cas, la mise en place est la même, et dans les deux cas, l’investissement est rentabilisé par la portée et la confiance gagnées, plutôt que par les amendes évitées.

Questions fréquentes

Est-ce que tout mon site web doit être en français ?

C'est le cas de votre contenu web commercial destiné au Québec. La version française doit être aussi complète et aussi facilement accessible que la version dans l'autre langue ; elle ne peut donc pas se limiter à un simple résumé succinct.

Cela s'applique-t-il si mon entreprise n'est pas établie au Québec ?

Si vous exercez vos activités au Québec, oui. Si vous vendez au Québec depuis l'extérieur de cette province sans y disposer d'un établissement, la portée de cette règle est moins claire et il convient de vérifier ce point auprès d'un conseiller juridique.

Le seuil de 25 salariés signifie-t-il que les petites entreprises sont exemptées ?

Non. Le seuil des 25 salariés concerne l'inscription à la francisation auprès de l'OQLF. La règle relative au site web s'applique quel que soit le nombre de salariés que vous employez.

Puis-je simplement utiliser Google Translate ou un autre outil de traduction automatique ?

Pour les contenus à vocation commerciale ou juridique, une traduction automatique non révisée peut omettre des formulations juridiques, des détails sur les produits ou ne pas respecter le ton de la marque. Le texte en français doit être complet, correct et conforme à l'image de marque ; c'est pourquoi une traduction par IA révisée constitue la solution la plus sûre.

Combien ça coûte de réparer ça ?

Cela dépend de la quantité de contenu dont vous disposez. L'outil de comptage de mots du site web vous donne une estimation rapide, et vous pouvez consulter les formules sur la page des tarifs.

Avis d'information générale

Cette page contient des informations générales sur les exigences linguistiques du Québec applicables aux sites web. Elle ne constitue pas un avis juridique et n'entraîne pas la création d'une relation avocat-client. Pour savoir comment ces règles s'appliquent à votre entreprise en particulier, consultez un avocat québécois qualifié.

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